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L' article légalisant le téléchargement sur Internet pour usage
privé a été retiré hier soir du projet de loi sur les droits d'auteur, dont la
discussion reprend aujourd'hui à l'Assemblée.
Le gouvernement défend, aujourd'hui, son texte sur
les droits d'auteur et droits voisins avec l'ambition de trouver un équilibre
entre la défense de l'exception pour copie privée et la protection des oeuvres
dans l'univers numérique.
L'article légalisant le téléchargement sur Internet
pour usage privé a été retiré hier soir du projet de loi sur les droits d'auteur
en discussion à l'Assemblée nationale. La décision du gouvernement de retirer
l'article 1 du projet de loi sur les droits d'auteur, dont l'examen doit
reprendre cet après-midi, a été annoncée à l'Assemblée par le président de
séance, Jean-Luc Warsmann (UMP), dans le cadre de l'examen du projet de loi sur
les OPA, qui débutait hier soir. Cet article 1 avait été très controversé
lorsque deux amendements identiques du PS et de l'UMP légalisant le
téléchargement à usage privé contre rémunération avaient été adoptés. En France,
il y a près de 10 millions d'accès Internet haut débit, et les internautes
téléchargent par an 980 millions de fichiers de manière illégale et 20 millions
de manière légale. Le chiffre d'affaires de la musique physique représente 1,3
milliard d'euros et celui de la musique numérique à peine 32 millions. Mais la
méthode est très contestée. En décembre, le gouvernement favorisait l'émergence
des offres légales protégées par des mesures techniques de protection, tout en
instituant une « riposte graduée » pour éviter des peines de prison aux
internautes qui téléchargent illégalement. Ce texte a déclenché l'ire de
certains députés. Aujourd'hui, même s'il a été rééquilibré, son application
rencontrera de nombreuses difficultés.
Mise en oeuvre concrète de la copie privée. Le
gouvernement garantit la copie privée mais charge un collège de médiateurs de
faire évoluer dans le temps les modalités en fonction du type d'oeuvre, du type
de support et des techniques de protection disponibles. En pratique, si le
principe est garanti, les modalités d'application ne le sont pas. Le premier
sujet de conflit sera le DVD, qui pourrait être exclu de la copie privée. Cette
position a été confortée par l'arrêt de la Cour de cassation du 28 février dans
l'affaire Mulholland Drive. Le point délicat réside dans la cohérence des
décisions de la justice, du collège des médiateurs et de celle de la commission
d'Albis pour rémunération de la copie privée qui fixe l'assiette et le taux de
la taxe sur les supports vierges. Ainsi quand le collège devrait exclure le DVD
de la copie privée, la commission devrait maintenir la taxe sur les DVD vierges.
« Le gouvernement aurait dû aller plus loin en laissant le soin au collège de
fixer le niveau de rémunération des supports vierges », réplique Olivier de
Chazeaux, avocat du cabinet Taylor Wessing.
Mise en oeuvre de l'interopérabilité de mesures
techniques. La directive européenne défend les mesures techniques de protection
(MTP) des oeuvres numériques. Comment instituer des MTP qui protègent
efficacement l'oeuvre et permettent le bon exercice de la copie privée ? En
assurant l'interopérabilité des oeuvres téléchargées légalement. Le texte
stipule que « les mesures techniques ne doivent pas avoir pour effet d'empêcher
la mise en oeuvre effective de l'interopérabilité » et donne au Conseil de la
concurrence la faculté d'ordonner « l'accès aux informations essentielles à
l'interopérabilité » de la part des éditeurs de MTP.
Passibles d'amendes Selon la loi, « toute personne désireuse de mettre en oeuvre
l'interopérabilité est autorisée à procéder aux travaux de décompilation ».
Résultat, les internautes qui contournent un MTP pour assurer le droit à la
copie privée ne seront pas poursuivis. Mais ceux qui font commerce de moyens de
contournement de MTP, les hackers et ceux qui contournent occasionnellement sans
justifier de la nécessité d'interopérabilité, seront passibles
d'amendes.
Les difficultés de trouver de nouveaux modèles économiques.
A priori, le passage de la distribution physique à celle, numérique, de la
musique devrait permettre d'économiser un tiers du prix du CD et donc d'abaisser
le prix de la musique téléchargée légalement. Or on assiste à une hausse des
prix. A 0,99 euro le titre téléchargé, le modèle économique n'existe pas,
explique Xavier d'Estais responsable marketing de MPO, dont la filiale MPO
Online s'occupait du site de la FNAC. « Il faut savoir que, pour avoir accès au
catalogue numérique des titres, il faut débourser entre 3 et 50.000 euros ». A
cela s'ajoutent la création et la maintenance du site pour un chiffre d'affaires
qui ne dépasse pas quelques centimes d'euro par titre. Certains, comme le
portail MSN de Microsoft, remontent donc les prix de 0,99 à 1,19 euro sur les
nouveautés.
07/03/2006
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